Au IIIè millénaire avant notre ère, la reine Nù Wa doit faire face à une rébellion organisée par un de ses ministres, Gong Gong. Celui-ci souhaite prendre le pouvoir et cherche à désorganiser l'Univers.
Il monte en haut d'une des montagnes qui soutient le Ciel et l'ébranle si fort que l'équilibre se rompt. Nù Wa réussit à venir à bout du rebelle et pour rétablir l'équilibre du monde, coupe les pattes de la tortue céleste pour en faire quatre piliers.
Elle répare le Ciel avec des morceaux de sa carapace, le chaos fut ainsi apaisé. Nù Wa et son frère presque jumeau, Fu Xi auquel elle a succédé sont deux héros mythiques de ces dynasties légendaires qui régnèrent au commencement des temps chinois. On les représente comme deux personnages symétriques, liés par leur queue de serpent.
Toutes sortes de bienfaits civilisateurs leur sont alloués comme l'institution du mariage, de ses règles et de son rituel (Fu signifie époux, homme et masculin, et Nù signifie épouse, femme et féminin).
Ils sont aussi les symboles des deux grands principes qui le régissent le féminin et le masculin, opposés symétriquement et liés indissolublement, étant à l'origine même des deux notions fondamentales qui régissent toutes choses dans le monde chinois, la première « clé » : le yin et le yang. Le yin, féminin, est le versant à l'ombre et le froid, le négatif et le bas. Le yang, masculin, est le versant au soleil et le chaud, le positif et le haut.
Le yin et le yang opposé et complémentaire forment un tout engendrant le mouvement, comme l'air entre le froid et le chaud, le courant électrique entre le haut et le bas. Et le mouvement est la vie. Que le désordre s'installe, que le mouvement se dérègle, c'est la mort.
Le panthéon chinois est peuplé de ces personnages légendaires ou historiques canonisés qui donnèrent au monde les rituels nécessaires à la création, au maintien ou au progrès de l'ordre universel, de l'harmonie suprême, du mouvement parfait, indispensable à la vie : le tao, c'est à dire « la voie » autre principe fondamental deuxième clé du monde chinois.
La sagesse chinoise, pour parler de l'opposition et de la complémentarité qui gouvernent les sexes, parle de deux principes fondamentaux :
le yin, principe qui commande entre autres l'humidité, la passivité, la rétraction, l'eau, la terre et le féminin;
le yang, principe qui commande entre autres la sécheresse, l'activité, l'expansion, l'air, le feu et le masculin.
Chacun d'entre nous participe des deux principes. Autrement dit, chacun d'entre nous participe à la fois du féminin et du masculin. Il faut parvenir à un équilibre en soi des deux principes. Ce qui suppose de permettre à l'autre qui est en soi de s'exprimer: permettre à l'homme qui est dans la femme de s'exprimer; à la femme qui est dans l'homme de s'exprimer.
Le Mouvement de Libération de la Femme doit aussi viser à la libération de la femme qui est en tout homme. Lorsqu'on refoule l'autre qui est en soi – la féminité qui est en tout homme et la masculinité qui est en toute femme – on parvient difficilement à l'accepter, à accepter l'autre sexe, en dehors de soi. Lorsqu'on accepte, au contraire, l'autre qui est en soi, on parvient plus facilement à l'accepter, à accepter l'autre sexe, en dehors de soi. C'est seulement lorsqu'on a parlé de la similitude des êtres des deux sexes qu'on peut aborder la question difficile de la différence: chaque principe a ses qualités et ses valeurs propres.
Dans la mesure de sa définition sexuelle, un individu mettra plus ou moins l'accent sur les qualités et les valeurs propres à son sexe: certaines femmes se définissent plus que d'autres en fonction des qualités et des valeurs de leur sexe, ou plus exactement en fonction du principe dont découle leur sexe; certains hommes de même; alors que certaines femmes et certains hommes se définissent à peu près également en fonction de qualités et de valeurs des deux sexes, ou, plus exactement, encore une fois, en fonction du principe dont découle leur sexe.
Parmi les qualités du principe yin, qui sont généralement considérées comme féminines au sens large, il y a la passivité, qu'il faut entendre au sens de plasticité, de disponibilité, de malléabilité, c'est-à-dire, en somme, d'adaptabilité: ce principe est celui de l'adaptation. On peut faire, ces années-ci, la constatation suivante: les femmes en général s'adaptent mieux aux changements provoqués par notre société technologique, de même qu'aux changements provoqués par la remise en question de ce type de société.
Il paraît donc essentiel, à notre époque, de mettre individuellement l'accent sur nos qualités dites féminines, c'est une question de survie.Parmi les valeurs du principe yin, il y a la conservation, qu'il faut entendre, aujourd'hui, au sens que les écologistes donnent à ce mot: la conservation, c'est d'abord de vivre en harmonie avec la Nature. Il paraît donc essentiel, à notre époque, de mettre aussi, collectivement, l'accent sur les valeurs dites féminines, - c'est, encore une fois, une question de survie.La libération de la femme ne suppose pas qu'elle mette désormais l'accent sur les valeurs masculines, alors que notre civilisation est précisément menacée de destruction pour avoir misé à peu près exclusivement sur les qualités et les valeurs masculines: l'agressivité, la conquête, l'expansion, la guerre... L'égalité des sexes doit d'abord, au contraire, passer par une réévaluation/revalorisation des qualités et des valeurs du principe yin. Cette réévaluation/revalorisation devrait accompagner, sinon précéder, toute interrogation sur la question des rôles sexuels. Car, parmi les facteurs de remise en question du couple, il y a la remise en question des rôles sexuels.
Il monte en haut d'une des montagnes qui soutient le Ciel et l'ébranle si fort que l'équilibre se rompt. Nù Wa réussit à venir à bout du rebelle et pour rétablir l'équilibre du monde, coupe les pattes de la tortue céleste pour en faire quatre piliers.
Elle répare le Ciel avec des morceaux de sa carapace, le chaos fut ainsi apaisé. Nù Wa et son frère presque jumeau, Fu Xi auquel elle a succédé sont deux héros mythiques de ces dynasties légendaires qui régnèrent au commencement des temps chinois. On les représente comme deux personnages symétriques, liés par leur queue de serpent.
Toutes sortes de bienfaits civilisateurs leur sont alloués comme l'institution du mariage, de ses règles et de son rituel (Fu signifie époux, homme et masculin, et Nù signifie épouse, femme et féminin).
Ils sont aussi les symboles des deux grands principes qui le régissent le féminin et le masculin, opposés symétriquement et liés indissolublement, étant à l'origine même des deux notions fondamentales qui régissent toutes choses dans le monde chinois, la première « clé » : le yin et le yang. Le yin, féminin, est le versant à l'ombre et le froid, le négatif et le bas. Le yang, masculin, est le versant au soleil et le chaud, le positif et le haut.
Le yin et le yang opposé et complémentaire forment un tout engendrant le mouvement, comme l'air entre le froid et le chaud, le courant électrique entre le haut et le bas. Et le mouvement est la vie. Que le désordre s'installe, que le mouvement se dérègle, c'est la mort.
Le panthéon chinois est peuplé de ces personnages légendaires ou historiques canonisés qui donnèrent au monde les rituels nécessaires à la création, au maintien ou au progrès de l'ordre universel, de l'harmonie suprême, du mouvement parfait, indispensable à la vie : le tao, c'est à dire « la voie » autre principe fondamental deuxième clé du monde chinois.
La sagesse chinoise, pour parler de l'opposition et de la complémentarité qui gouvernent les sexes, parle de deux principes fondamentaux :
le yin, principe qui commande entre autres l'humidité, la passivité, la rétraction, l'eau, la terre et le féminin;
le yang, principe qui commande entre autres la sécheresse, l'activité, l'expansion, l'air, le feu et le masculin.
Chacun d'entre nous participe des deux principes. Autrement dit, chacun d'entre nous participe à la fois du féminin et du masculin. Il faut parvenir à un équilibre en soi des deux principes. Ce qui suppose de permettre à l'autre qui est en soi de s'exprimer: permettre à l'homme qui est dans la femme de s'exprimer; à la femme qui est dans l'homme de s'exprimer.
Le Mouvement de Libération de la Femme doit aussi viser à la libération de la femme qui est en tout homme. Lorsqu'on refoule l'autre qui est en soi – la féminité qui est en tout homme et la masculinité qui est en toute femme – on parvient difficilement à l'accepter, à accepter l'autre sexe, en dehors de soi. Lorsqu'on accepte, au contraire, l'autre qui est en soi, on parvient plus facilement à l'accepter, à accepter l'autre sexe, en dehors de soi. C'est seulement lorsqu'on a parlé de la similitude des êtres des deux sexes qu'on peut aborder la question difficile de la différence: chaque principe a ses qualités et ses valeurs propres.
Dans la mesure de sa définition sexuelle, un individu mettra plus ou moins l'accent sur les qualités et les valeurs propres à son sexe: certaines femmes se définissent plus que d'autres en fonction des qualités et des valeurs de leur sexe, ou plus exactement en fonction du principe dont découle leur sexe; certains hommes de même; alors que certaines femmes et certains hommes se définissent à peu près également en fonction de qualités et de valeurs des deux sexes, ou, plus exactement, encore une fois, en fonction du principe dont découle leur sexe.
Parmi les qualités du principe yin, qui sont généralement considérées comme féminines au sens large, il y a la passivité, qu'il faut entendre au sens de plasticité, de disponibilité, de malléabilité, c'est-à-dire, en somme, d'adaptabilité: ce principe est celui de l'adaptation. On peut faire, ces années-ci, la constatation suivante: les femmes en général s'adaptent mieux aux changements provoqués par notre société technologique, de même qu'aux changements provoqués par la remise en question de ce type de société.
Il paraît donc essentiel, à notre époque, de mettre individuellement l'accent sur nos qualités dites féminines, c'est une question de survie.Parmi les valeurs du principe yin, il y a la conservation, qu'il faut entendre, aujourd'hui, au sens que les écologistes donnent à ce mot: la conservation, c'est d'abord de vivre en harmonie avec la Nature. Il paraît donc essentiel, à notre époque, de mettre aussi, collectivement, l'accent sur les valeurs dites féminines, - c'est, encore une fois, une question de survie.La libération de la femme ne suppose pas qu'elle mette désormais l'accent sur les valeurs masculines, alors que notre civilisation est précisément menacée de destruction pour avoir misé à peu près exclusivement sur les qualités et les valeurs masculines: l'agressivité, la conquête, l'expansion, la guerre... L'égalité des sexes doit d'abord, au contraire, passer par une réévaluation/revalorisation des qualités et des valeurs du principe yin. Cette réévaluation/revalorisation devrait accompagner, sinon précéder, toute interrogation sur la question des rôles sexuels. Car, parmi les facteurs de remise en question du couple, il y a la remise en question des rôles sexuels.
